Volubile ou introvertie, on a tous une part de fantaisie qui ne demande qu’à s’exprimer
Avec mon regard d’auxiliaire de puériculture, je trouve intéressant de voir à quel point l’envie de se transformer nous accompagne depuis l’enfance.
Dès la deuxième année de vie, l’enfant développe ses jeux d’imitation. Il reproduit les gestes des adultes, fait semblant, joue à être quelqu’un d’autre. Un jour pompier, le lendemain tigre ou princesse !

En grandissant, certains mettent cette fantaisie de côté, peut-être par timidité ou par peur du regard des autres. D’autres continuent à l’exprimer librement, au quotidien ou à l’occasion d’un carnaval, d’Halloween, d’une fête à thème, d’un spectacle ou d’une performance drag.

Il y a aussi le théâtre et la comédie. Enfiler un costume, se maquiller, adopter une attitude, jouer un rôle… Finalement, on continue à faire semblant, mais pas forcément pour les mêmes raisons.
Se transformer pour se retrouver, pour se découvrir ou tout simplement s’amuser autrement.




Entre mes pinceaux et le miroir
Ce que j’aime dans le maquillage artistique, c’est autant la création que le moment partagé avec la personne que je maquille.
La discussion s’installe pendant que je pose mes pinceaux sur la peau. Certains trouvent le contact agréable, frais et doux comme une caresse. Les enfants, eux, trouvent surtout que ça chatouille !
Les futures mamans se laissent parfois tellement porter qu’elles ferment les yeux et s’endorment. À l’inverse, il arrive que leur bébé s’éveille et se mette à bouger pendant la séance.
Et puis il y a les personnes qui portent des cicatrices, visibles ou invisibles. Elles m’accordent leur confiance pour un moment de peinture parfois chargé d’émotion.

Les adultes préfèrent généralement attendre la fin pour découvrir le résultat. Les enfants sont souvent bien plus curieux ! Ils cherchent à regarder avant que j’aie terminé.
Sauf quand je maquille leur visage : là, pas le choix, il faut patienter !
Et j’avoue que j’adore les faire attendre. Juste assez pour garder la surprise jusqu’au miroir.
Cette petite flamme dans les yeux
Puis vient le moment de la découverte.
« Ooooh ! » « Wouaaah ! » « Aaaah ! »
J’adore les onomatopées !
Mais ce que je préfère observer, ce sont les yeux. Tout passe par le regard.
Même chez un enfant très timide, qui n’ose pas forcément exprimer sa joie, il y a souvent cette petite flamme qui s’allume au fond de l’iris.


Et c’est aussi pour ces instants-là que j’aime poser mes pinceaux sur la peau.
Alors, pourquoi aime-t-on se transformer ? Je ne sais pas s’il existe une seule réponse.
Mais je crois qu’on garde tous, quelque part, cette envie de jouer à être un autre… ou d’oser être un peu plus soi-même.

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